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café littéraire

Mon livre préféré

28 février 2008

José, dessine-moi un mouton...

J’ai lu « José » il y a quelques mois. J’ai beaucoup aimé, je n’en ai jamais parlé ici parce que j’avais peur de ne pas savoir rendre la petite musique de ce livre si tendre, si touchant. Richard Andrieux, auteur-compositeur, signe là (d'une plume qui touche toute mère les amies, je vous le garantis!) son premier roman. L'idée de l'inviter au Pierrot, me traverse l'esprit tous les matins...

Alors voilà l'histoire de José, dites-moi vite si ça vous tente...

e0ce46a53980d4e05d9234487ff939fd.jpgJosé, c’est un petit garçon de 9 ans, une sorte de petit prince d'aujourd'hui, seul lui aussi devant l’absurdité de notre monde d’adultes. Sa planète imaginaire est sa chambre où les objets portent des noms : son lit s’appelle « voyage », le bougeoir est « colonel », le bureau "chêne", le plafond devient « nuage »… Ce sont ses amis avec lesquels il discute pendant des heures. Avec une infinie pudeur l’auteur explore l’imaginaire de cet enfant qui n’a jamais connu son père, qui s’enferme dans sa chambre pour ne plus voir sa mère regarder la télé. Nous le regardons, impuissants, se murer dans son monde, nous regardons sa mère qui essaye de l’en sortir ; elle l’amène chez le médecin, lui écrit une lettre poignante sur sa solitude à elle, sa douleur face aux silences de son fils... Pas de réponse de son étrange petit bonhomme .
Hélène, sa mère, est licenciée. Elle ne sort plus que pour faire les courses ou pour amener son fils chez la pédospy. Le reste de son temps, elle le passe devant la télévision, « compagne fidèle où il se passe toujours quelque chose » Elle commence à boire. Et ils s’enfoncent encore plus, chacun dans son monde, chacun incompris de l’autre. Jusqu’à la mort de la mère. José sort un peu de sa chambre pour penser à elle :
« Est-ce que ses mains tremblent encore sous la terre ? Est-ce qu’elle a froid ? Est-ce qu’elle a les yeux ouverts ? Et si elle a les yeux ouverts, est-ce qu’elle regarde encore la télé le soir ? Mais non, ce n’est pas possible, il n’y a pas de télé dans la terre (…) La mort. Maman, c’est quoi la mort, c’est quoi ? ».
Et puis José ne parle plus. Il reste dans son lit. Il ne mange plus. Une longue thérapie commence. Il fait peine à voir dans son pyjama bleu ciel devenu trop grand. « Ses petits mains posées sur le ventre il ressemble à une poupée que l’on aurait délaissée trop longtemps ».
On a peur pour lui. Peur qu’il se perde dans son monde où les adultes ne savent pas pénétrer. Je ne vous raconte pas la fin, qui n’est pas celle que vous croyez…

Poétique, poignant, ce « José » m’a émue aux larmes.

Ah, j'oubliais... Il n'y a pas que moi qui suis amoureuse de "José":



« José » de Richard Andrieux,
Prix du 1er roman de la Forêt des Livres,
117 pages, 15 euros, éditions Héloise d’Ormesson

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Photo: La Forêt des Livres, Richard Andrieux au milieu avec Gonzague Saint-Bris et Jean-Marie Rouart .

24 octobre 2007

Le Goncourt, Amelie et moi

Pourquoi le Goncourt? Parce que la troisième sélection sera rendue ce week-end. Parce que pour les étrangers, comme moi, cela reste une référence. Ringarde, vous le savez, je le suis. Dans cette deuxième sélection il restait qui?

Olivier Adam : «A l'abri de rien» (L'Olivier), Philippe Claudel : «Le rapport de Brodeck» (Stock) Marie Darrieussecq : «Tom est mort» (P.O.L.) Clara Dupont-Monod : «La passion selon Juette» (Grasset) Gilles Leroy : «Alabama Song» (Mercure de France)Michèle Lesbre : «Le canapé rouge» (Sabine Wespieser) Amélie Nothomb : «Ni d'Eve ni d'Adam» (Albin Michel) Lydie Salvayre : «Portrait de l'écrivain en animal domestique» (Seuil) .

Le Claudel est sur ma liste de lecture déjà. Un excellent livre, m'a-t-on dit.

J'ai demandé la semaine dernière un pronostic à Didier Jacob (Nouvel Obs) Et à Philippe Vallet (France Info). Peut-être Olivier Adam. Ou Amélie Nothomb, m'a répondu l'un. Amélie Nothomb, m'a répondu l'autre. Voilà pourquoi Amélie.

Et moi. Qui ait lu le dernier Nothomb il y a deux mois. Moi qui n'avais lu aucun de ses 15 romans avant. Trop de classiques à dévorer avant de m'aventurer sur les chemins d'un jeune auteur, aussi talentueux fut-il. Voici donc la critique d'une Roumaine au pays d'Amélie Nothomb:

Ni d'Eve ni d'Adam 51uua0an7rl__aa240_

Amélie a 21 ans. Jeune étudiante pédante dans le Pays du Soleil Levant. Rinri a 20 ans. Jeune Tokoïote bizarre et délicat qui veut approfondir son français. En trois leçons, il tombe éperdument amoureux de sa professeur. Elle a du « goût « pour lui et joue au cache-cahe amoureux avec la légèreté originelle.. Va jusqu’à accepter la demande en mariage de son maigre Japonais par « malentendu linguistique ». Avant de s’enfouir…

Le livre nous plonge dans un Japon des goûts (ses expériences culinaires nous mettent l’eau à la bouche), mais froid. Serait-ce du au style de l’auteur?.

Entre égocentrisme et découvertes, et malgré quelques très belles descriptions (comme celle de la peur lors d’une aventure solitaire et dangereuse en montagne), le livre se traîne jusqu’aux derniers chapitres où il devient –il était temps !- passionnant. Bon ou ennuyeux ce «  Ni d’Eve ni d’Adam » ? Un livre bien écrit. Ses personnages ont de la chair , le jeune Riri, si détaché de la réalité, est vraiment attachant, j’aime bien l’humour subtil de l’auteur, ses dialogues aussi – réussis- mais le personnage d’Amélie m’agace Bref, un livre qui ne me donne pas envie d’aller au Japon. Ni de retourner au pays d’Amelie Nothomb.

La phrase qui m’a le plus amusé : « Les couples s'arrêtaient aux endroits prévus à cet effet et regardaient avec émotion la vue sur le lac au travers des tori. Les enfants piaillaient comme pour avertir les amoureux de l'avenir de tant de romantisme".

Ni d'Eve ni d'Adam, éditions Albin Michel, 17 e

02 octobre 2007

Pour Clara...

Eho_clara07n C'est ce jeudi 4 octobre que sera remis le premier "Prix Clara" des jeunes écrivains.

Destiné aux écrivains en herbe de moins de 17 ans, il a été créé à l'automne 2006 en mémoire de Clara, une adolescente décédée des suites d'une malformation cardiaque pour qui l'écriture était une seconde nature. En sa mémoire, les bénéfices de l'opération seront versés à l'association en cardiologie de l'hôpital Necker-Enfants malades.

Le Prix Clara 2007 (première édition), destiné aux écrivains en herbe de moins de 17 ans, a été attribué à six jeunes auteurs retenus parmi plus de 600 adolescents qui ont participé à un grand concours de nouvelles organisé en collaboration avec L’Actu, le quotidien des ados (Play Bac Presse).

Les six textes couronnés ont été rassemblés dans un recueil intitulé "Pour Clara" (à paraître aux éditions Heloïse d'Ormesson). Sélectionnés par un jury composé d'écrivains, d'éditeurs et de quatre adolescents, ils dessinent les contours d'une génération parfois torturée mais aussi porteuse de rêve et éprise d'ailleurs. Ainsi, Amandine Pohu, qui dédie son récit à Clara, crée un monde parallèle dans Le Monde d’en bas où son héros Kerian retrouve Clara. Noémie Eloy nous ouvre le Journal intime d’un vampire. Maud Lecacheur avoue avoir « plongé dans une ambiance musicale rock » pour écrire Kronen. Hermine Lefebvre de Martens imagine un récit d’aventures avec Le Médaillon mystérieux. Avec Parce que c’était toi, parce que c’était moi, Ludivine Manric raconte une histoire troublante d’amitié et Paola Termine décrit la détresse adolescente dans Pleure pas trop fort.

Le jury 2007, présidé par Erik Orsenna, est composé de Camilla Antonini, Gilles Cohen-Solal, François Dufour, Isabelle Lebret, Bernard Lehut, Florence Malraux, Annick Meignen, Héloïse d’Ormesson, Jorge Semprun, Bernard Spitz, Alexandre Wickham et de quatre adolescents.

Le Prix Clara, qui s'adresse à tous les enfants francophones, aura lieu chaque année. Plus d'infos ici

29 septembre 2007

"La fête fut exquise et fort bien ordonnée"

C'était plein. Plus de 80 personnes. La sono qui m'avait stressée tout l'après-midi a finalement marché, David Abiker a été excellent, la salle a été top, il y a eu plein de questions bien... Plus d'infos - et des photos !!! - deman j'espère, j'attends les photos.

Et, attention, nous annonçons les premières le nouveau blog de David Abiker, un blog d'auteur -enfin!-

http://davidabiker.typepad.fr

A demain !

06 septembre 2007

Café littéraire, café littéraire... on en parle depuis un mois. Mais qu'est-ce?

Tasse_cafCe matin, j'ai encore parlé. Et parlé... Et parle... Activaussi était chez moi pour.. bosser. Mine de rien, on a une rentrée à préparer. On a beaucoup ri. Et décidé d'un café face à la mer lundi matin pour approfondir. Il fera beau, mais si, il fera beau...

En attendant, voici une petite définition du café littéraire, pour faire passer le temps, en attendant le vrai. Ben, oui, bien sur, celui du 28!

Café littéraire, selon wilkipedia: Lieu de réunion où l'on parle de littérature, échange des idées, écoute des extraits de livres lus par des comédiens, assiste à des spectacles érudits tout en dégustant un café, ou autre boisson. Le café Procope fut probalement le premier endroit de ce genre. Crée en 1686 par Francesco Procopio Dei Coltelli dit Procope, Voltaire, Rousseau et Diderot, pour ne citer qu'eux, donnèrent à ce lieu d'un genre nouveau ses lettres de noblesses.

Le rôle des cafés à cette époque était d’avoir une meilleure réputation, et c'est à cette fin que l'on invitait l’élite des philosophes, des écrivainsc.… les personnes présentes peuvent alors s’instruire et donner leurs opinions politiques. Les Salons étaient organisés par des personnes qui invitaient les savants chez elles en fonction des sujets abordés, mais aussi selon l’hôtesse : par exemple, chez Madame Geoffrin, on ne recevait que des célébrités littéraires et philosophiques, telles que Diderot, Marivaux, Grimm, Helvétius… Livre_3 Ce sont des salons où l'on aime discuter et débattre des idées souvent défendues dans des ouvrages dont les invités seront les premiers critiques. En fait, le véritable objet de ces rencontres est de trouver les moyens de contribuer au bonheur de l’homme, directement tributaire, croit-on, du progrès et du nouvel humanisme naissant. On sait aujourd’hui que les salons ont préparé le « terreau » de la Révolution française par leur influence certaine sur l’opinion publique : même les ministres écoutaient les discours éclairés des philosophes sur la politique et la culture! L’idée de l’encyclopédie serait même née d’un des débats dans un salon. La fréquentation des salons, comme dit plus haut, était plus ou moins abondante en fonction des sujets exposés. Outre le Procope, d'autres cafés-salons littéraires existaient également, et par exemple Montesquieu fréquentait quant à lui le Café Laurent, qu’il cite dans « Les Lettres Persanes ».

10 août 2007

"Odeur du temps"

L'année dernière, juste avant d'avoir Marie, j'ai écrit un article dans une revue roumaine sur Jean d'Ormesson. Ce n'était pas un texte objectif, j'aime beaucoup J d'O.  Il m'a appelé pour me remercier. Il m’a parlé de Cioran, de la Roumanie, de sa jeunesse, il m’a parlé roumain (enfin, quelques phrases...).  J’ai été charmée. C'est niais, je vous l'accorde. Mais je m'en fous, Jean d'Ormesson me fait rêver; son Chateaubriand, ses voyages, ses amours, ses chagrins, ses lectures...  Pendant ma longue fuite en Roumanie, il a sorti un livre chez sa fille. "Odeur du temps". Tentant pour fuir ce mois d'août et son Leclerc...

Et parce que je ne suis pas égoïste, et que l'éditeur le veut bien, je vous file la préface du livre. dc7cb4d4bcef9c93c5f718068d40908d.jpgRêvons un peu:

AVANT-PROPOS

Ce que j’ai fait de mieux dans ma vie, c’est ma fille. Je suis plus fier d’elle que de moi. Avec Gilles Cohen-Solal, elle vient de créer une maison d’édition. Je suis heureux de lui confier ce livre qui est un recueil d’articles.

Lire la suite ""Odeur du temps"" »

20 juillet 2007

Café littéraire avec David Abiker le 28 septembre

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J'ai découvert, juste avant ma longue fuite en Roumanie, un livre qui m'a bouleversée - chose qui m'arrive de moins en moins. Et pas du tout avec les livres de la "nouvelle" génération.

"Le mur des lamentations" c'est l'histoire d'un jeune père de famille qui se découvre, en pleine gloire (1) professionnelle et familiale, un cancer. Et qui n'a pas peur de poser en victime, vous l'aurez déjà compris: " J’ai toujours adoré me plaindre, me lamenter. Enfant, je me plaignais d'un plat trop sale ou de la sévérité de mes maîtres (...) Installe dans la vie d'adulte, j'ai continue a me plaindre au saut du lit, a la machine a café, le soir au coin du feu, en famille.... Et puis un jour, frappé par le destin, j’ai décidé de faire victime de compétition. Pas simple ! La concurrence est rude. Il faut savoir gémir sans lasser, communiquer tout en restant naturel, attendrir sans écœurer. Heureusement, les gens sont gentils, ils vous aident à réussir. L’époque aussi est propice. Elle assure le soutien psychologique, fournit les kleenex et prend les photos.".

Au fil des 280 pages (c'est écrit grand !) nous le suivons au travail, a la maison, avec les amis. Nous nous attachons a lui, ce Maouh qui plait aux femmes, a qui tout réussi, mais qui a si peur. Son "astroïde" grignote ses nuits, et peu a peu sa famille:

"Je les ai trouvées toutes les trois, en refermant la porte. Une femme et deux petites filles. J'avais oublie. Je suis marie et j'ai deux enfants.
Papaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaa !
Mais qu'est-ce qu'elles me veulent? Ca court, ça saute, ça jappe autour de moi. Je peux a peine les prendre dans mes bras. Pour la première fois, elles n'ont pas de goût, ne sentent pas la fleur d'oranger, ne chantent et ne crient rien qui vaille.
Ces kilos de filles pèsent des tonnes.
Bizarre. Hier encore, j'entrais en grognant.
' Ca sent la chair fraîche!"
-Aaaaah!"
Et ça criait, et ça sautait, et c'était bon. et j'étais beau. Je les trouvais planquées derrière le rideau, hurlantes et tremblantes, et je les dévorais de tendresse au ketchup et je me retenais de ne pas mordre pour de vrai dans le gras-double de leur bidon plein de pâtes et de Knacki. Voila comment c'était, hier.
Juste hier.
J'étais le prince Philippe de la Belle au Bois Dormant et je les avais toutes a mes pieds et je trouvais ça bon, et c'était le printemps en hiver
(...) 7530188ae1563c7027874acdfe753307.jpg".

(extrait du chapitre Cellule familiale de crise, juste après la terrible annonce du diagnostic ).

"Quel livre triste", pensez-vous. A tort ! Le mur des lamentations est un livre drolissimme, un regard cynique sur cette société Guilhem-ienne (Guil quoi?) ou les choses et les hommes n'ont plus de sens.

Je pourrais vous parler encore longtemps de ce Maouh a qui j'ai pense tout l'été mais ou serait la surprise ? La joie de découvrir, au fil des pages, et avec votre regard, Maouh ?... ( en réalité je n'ai pas écrit en français depuis deux mois et par je ne sais quel mystérieux phénomène quand je suis en Roumanie, mon cerveau fait table rase - ou presque - de mon français. Et ce livre est vraiment bon. Ce serait dommage d'écrire une mauvaise chronique!

Alors, pendant vos vacances, faites-moi confiance, lisez-le, et on se retrouve fin septembre, autour d'un apéro face a la mer, pour dire a Abiker tout le mal que nous pensons de sa description de la femme au foyer!

David Abiker est cadre sup’. Chroniqueur pour Arrêt sur images (.net aujourd'hui) et France Info. Après Le musée de l’homme publié en 2005, Le mur des lamentations est le deuxième volet d’une trilogie burlesque sur notre époque.

Affichette_abiker Post scriptum, trois mois plus tard....

L'explication de son essai par David Abiker, il le fait dix fois mieux que moi:

- Quand/comment avez-vous eu l'idée d'écrire Le mur des lamentations?

L’idée du livre est venue naturellement, à la fin du Musée de l’homme. Le projet d’un essai comique sur la victimisation s’est imposé à force de regarder la télévision. J’y voyais la mise en scène de toute la misère du monde non pas dans l’objectif d’informer mais plutôt dans celui de compatir, de plaindre, de commémorer, de se recueillir. Au départ, je voulais écrire une pièce de théâtre. Elle se serait déroulée dans une loge de maquillage avant un talk show genre Fogiel ou Ardisson. Une dizaine de victimes type, de la femme battue au président de société mis en examen en passant par le chanteur déchu. Ils auraient échangé devant le miroir, en professionnels de la victimisation et de la lamentation. Mais finalement, je suis tombé malade et j’ai décidé d’utiliser ce point de départ pour raconter l’histoire d’un cancéreux qui décide de se servir de sa maladie pour acquérir une reconnaissance médiatique. Ces cancéreux, décidément, on ne peut pas les tenir ! Le Mur des lamentations est autant un essai sur la manière dont nous gérons la maladie individuelle qu’une réflexion sur la façon dont la société médiatique utilise la souffrance pour faire de l’audimat.

- Qui est Maouh?

Maouh c’est le héros créé pour le Musée de l’homme et qui a repris du service, comme 007, dans le Mur des lamentations. Je lui ai collé une tumeur là où je pense et je le regarde s’en dépatouiller avec une certaine tendresse. L’idée était de voir comment une victime qui mériterait la compassion peut nous conduire sur des chemins dangereux en réclamant de façon artificielle et narcissique une reconnaissance indue. Qu’on aime nos victimes c’est une chose, qu’on les laisse prendre le contrôle de la société en alimentant le pouvoir de l’émotion médiatique c’en est une autre. C’est ce que Maouh va apprendre au travers d’un parcours initiatique et médiatique qui le conduit à prendre conscience du monde qui l’entoure. Cette prise de conscience est d’ailleurs hâtée par sa rencontre avec Guilem, un jeune altermondialiste cul-de-jatte. Un cul-de-jatte qui ne se plaint jamais. L’anti-Maouh, en quelque sorte. Maouh, enfin, est un homme qui vit entouré de femmes, qui se repose un peu sur elles et qui a un besoin boulimique de leur amour. C’est ce qui le rend sympathique. Il aime et il aime être aimé. Ce n’est pas une excuse mais ce n’est pas non plus un crime.

- Quel est votre plus beau souvenir lié au Mur?

Un livre, quand on a la chance de l’écrire, de le terminer et de le publier, c’est une série de bons souvenirs. Il y a d’abord la trouvaille, le sujet qu’on va dérouler. Ensuite, il y a les fous rires solitaires, quand j’ai écrit certains passages. Il y a aussi l’émotion, quand je fais revivre ma grand-mère pied noire, juive marocaine, Mamie Zazou. Il y a aussi la complicité avec Gilles mon éditeur, qui est devenu un ami très proche. Ensuite, il y a le titre qu’il a trouvé et qui est une merveille. Je trouve formidable d’avoir publié un livre avec un titre pareil. Franchement, je m’envie… Ensuite il y a les lecteurs. C’est autre chose. Mais un lecteur qui vous dit qu’il a ri tout seul dans le métro, c’est bien. Un prof de philo qui vous dit qu’il l’a recommandé à ses élèves, c’est encourageant. Et puis bien sûr, parfois vous êtes interviewé par des journalistes qui ont eu le temps de lire le livre. Dans ces cas exceptionnels, le plaisir l’est tout autant. Cultivé, spécialiste ou ignare, chaque lecteur compte. Pour le Mur des lamentations, je suis également intéressé par l’avis des médecins qui aiment, généralement. Et des malades, aussi. Un de mes amis a fait lire le livre à son père qui avait un cancer en phase terminale. Il paraît qu’il riait, malgré tout, ça m’a ému et réjoui en même temps. J’oubliais, les salons où l’on rencontre des lecteurs. C’est toujours plaisant. Finalement, un livre, ce n’est que des bons souvenirs ! Ce qui est important pour moi, en tout cas, c’est d’éviter l’autofiction si on a rien d’autre à dire. Mes livres me racontent, mais ils ont un propos sur l’époque et les travers que je lui trouve. Il y a dedans des convictions auxquelles je tiens beaucoup.

Le Mur des lamentations Coperta_mur

Tous victimes et fiers de l'être !, éditions Michalon, 15 euro, vous pouvez le commander chez Activaussi, livré en 24 heures.

Pratique: Rencontre organisée par Activaussi, le vendredi 28 septembre à 20h30, au Pierrot, sur le Remblai des Sables d'Olonne , entrée libre, reservations au 0664762408 ou par mail activaussi@yahoo.fr .

(1) Je n'ai pas lu son premier livre qui parle plutôt d'une vie assez ordinaire; mon impression d'ascension, liée a la lecture du deuxième, est donc peut être fausse.

16 juillet 2007

Café littéraire avec David Abiker en septembre

Rendez-vous organisé par Activaussi. Plus d'infos demain.

28 mai 2007

Rencontre roumaine

Dans un mail récent, Nelly me donnait partie "au soleil" . Elle se trompe! Je travaille a une rencontre de l'association autour d'un livre a la rentrée. Je vous en dirai plus en septembre, il s'agit d'un auteur français que vous connaissez, je pense.

En attendant, je vais vous parler pendant la sieste des filles, d'un écrivain roumain que j'adore, Gabriela Adamesteanu, un des meilleurs auteurs roumains d'aujourd'hui. Je dirais bien le meilleur, mais j'ai peur d'offusquer deux ou trois messieurs. Ce qui me frappe le plus quand je la rencontre, c'est son incroyable modestie. Ce grand écrivain traduit en plusieurs langues( en français chez Gallimard) vous invite à déjeuner dans sa cuisine sans chichis, des plats qu'elle prépare elle-même. Et vous parle, avec des yeux étonnés, de son livre qui se vend en France alors que son nom est totalement ignoré des Français. J'ai ramené de ce déjeuner à Bucarest le souvenir des gâteaux grecs dégoulinant de miel et la génèse de son livre ("Une matinée perdue", chez Gallimard, 26,50 e). Voici son histoire que Gabriela m'a confiée il y a deux jours:
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"-J’avais trente-trois ans et je vivais au pays de Big Brotherescu lorsque j’ai écrit les premières pages de ce qui allait devenir un roman — Une matinée perdue. J’étais attirée par le pittoresque du langage et du comportement d’une parente à laquelle j’étais très liée. Ce que je voulais faire, à l’origine, c’était un instantané, un croquis. Ce texte, publié dans une revue littéraire, ma parente l’a lu et elle a ri : peut-être ne s’est-elle pas reconnue dans le personnage littéraire, peut-être l’a-t-elle tout simplement accepté. Parce qu’elle m’aimait? Parce qu’elle n’attachait guère de prix à la littérature? (...) Le temps émousse les remords, et Vica, mon personnage d’Une matinée perdue — qui figure désormais dans les livres de classe —, a éclipsé en grande partie l’image de ma parente. Mais un mélange confus de nostalgie et de chagrin s’empare de moi quand me reviennent à l’esprit des souvenirs d’elle « non utilisés » dans mon roman. Pour cicatriser les blessures de la mémoire, la littérature doit les réduire en cendres; l’écrivain a beaucoup moins de vrais souvenirs que les gens qui ne les ont pas consumés dans l’écriture.

Lire la suite "Rencontre roumaine" »

23 avril 2007

"Le jeu des quatre bouquins" vu par les femmes au foyer

Un nouveau jeu traverse la blogosphère à la vitesse du TGV Est: le Jeu des Quatre Bouquins.

Cath m'a fait entrer dans la ronde, alors, à mon tour, je veux faire danser Mimie, Damouredo, Eléa et Coriolis, pour un tour du monde de l'édition, version femme au foyer. Quatre faf très differentes, pour un voyage, je pense, très étonnant. Je conseille à l'ami qui me parlait hier de "l'intellect de la femme au foyer" (nouveau concept!) de suivre les réponses... Le jeu est simple: vous répondez en commentaire aux questions ci-jointes, et, si vous le souhaitez, vous mettez le jeu sur votre blog et invitez, à votre tour, quatre amoureux de littérature.

Et Grillon, l'amie des peintres, en bonus, elle veut bien se joindre à nous.

Si d'autres faf que celles taguées, ont envie de répondre, qu'elles n'hésitent surtout pas!

Lire la suite ""Le jeu des quatre bouquins" vu par les femmes au foyer" »

Soirée dédicace Abiker

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    28 septembre au Pierrot

Café littéraire - Yves Viollier

  • La fille d'Isabelle
    12 février 2008 aux Sables d'Olonne

Cafés littéraires Activaussi

juillet 2008

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